jeudi 8 avril 2010

Rien ne nous survivra


Il y a des jours, comme ça, où l'on ne se rends pas compte de ce que l'on a entre les mains. C'était ainsi le jour où je suis tombée nez à tranche avec ce livre. Le sous-titre ? Le pire est avenir...

Il s'agit d'une vision prophétique absolument cauchemardesque. L'auteur y livre sa vision d'un Paris pré/post Apocalyptique, cela dépendra des points de vue. 
Tout les jeunes de moins de 25 ans, quelque soit leur sexe, leur âge, leur condition sociale ou leur religion ont décidé de massacrer les vieux. Tout les vieux, sans exception, y compris leurs parents. Peu importe qu'ils soient du genre à distribuer des bonbons ou des claques: le géronticide sera total.

Et dire que le quart de couverture annonçait de l'humour, dans ce livre. 
Personnellement, cet aspect drolatique m'a totalement échappé. Ou alors j'étais trop sous le choc pour cela. Après tout, l'auteur ne fait pas dans la dentelle. ça snipe, ça hurle, et finalement, ça cartonne. Un mort vaut un point.  Évidemment, les coups les plus admirés restent les plus difficiles, comme des députés ou un commissariat entiers plutôt qu'une maison de retraire. Le tout est de ne pas tirer trop souvent contre son camp.

C'est très bien écrit, sous forme d'un face à face entre deux snipers, Silence, l'un des tout premiers révolutionnaire, et l'Immortel, l'étoile montante des assassins des toits, qui le cherche entre deux fusillades et massacres pour faire vivre un enfer plus personnel.
Sous forme aussi d'un compte à rebours, qui commence cent jours avant que l'Union Europe n'exécute son ultimatum: laminer Paris sous les bombes, ses jeunes rebelles avec.

De toute façon, il n'y a aucune compassion chez ces jeunes. Rien ne doit leur survivre: ni la culture, (les livres et les tableaux sont réduits en bois de chauffage), ni leur nom de naissance, ni le système politique, et l'idée de concevoir la prochaine génération est pour eux une trahison.
Ces sommets de violences et de fanatismes tombent dans l'absurde.  Vouloir éviter toute idéologie pour éviter devoir quoique ce soit aux plus anciens. Cela veut dire refuser en bloc n'importe quel héritage, quel qu'il soit. Mais franchement. Aller tuer tout les vieux à la kalachnikov, dehors, simplement parce qu'ils ont dépassé la date de péremption, n'est ce pas un peu exagéré ? Et métaphoriquement, il faudrait aussi abattre tout concept ayant dépassé la date limite des 25 ans ?

A bien y réfléchir, de toutes les différences, de tout les handicaps, la vieillesse est effectivement le moins bon incitateur à la violence. On peut vouloir se débarrasser de l'autre sexe, d'autres croyants, d'autres couleurs couleurs de peau, d'une autre classe sociale, parce qu'on ne les connaît pas, ou plutôt parce qu'on croit les connaître, sans pour autant les fréquenter. Les vieux, nous en avons tous forcément dans notre entourage et nous savons tous comment nous allons finir. Cela devrait suffire à rebuter les volontaires pour un carton. Personnellement, je n'ai jamais entendu parler d'une fusillade dans une maison de retraite.

Et pourtant. Au fur et à mesure des jours et des pages, entre deux confrontations sur le toit des immeubles, à attendre qu'un vieux passe dans le viseur, le lecteur se pose des questions. Il est impossible de ne pas reconnaître de bons arguments aux Théoriciens, au point de se demander ce qui pourrait se passer si le livre tombait entre les mains de quelqu'un d'un peu dérangé (mais, à près tout, les vrais fous n'ont pas attendu ce livre pour passer à l'acte). Personnellement, je connais trop de vieux pour m'imaginer en abattre un seul d'une balle dans la tête. Mais les personnages ont au moins en partie raison. C'est dérangeant.

Un très bon livre donc, qui fait vraiment réfléchir, et qui met aussi mal à l'aise. Je ne m'y attendais pas. A noter que l'auteur, Maïa Mazaurette tient un blog et est sans doute plus connue pour ses autres productions, notamment sur la sexualité que pour ce livre qui tiendrait vraiment à être plus connu.

6 commentaires:

  1. Ce n'est pas vraiment nouveau. Il y a des films qui parlent de ce sujet.
    Je ne me souviens plus des titres.
    L'un d'entre eux, mettait la 6ème Symphonie de Beethoven et des vues de paysage comme fond sonore avant la piqure.
    Je m'en vais jeter un coup d'oeil sur le blog.

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  2. http://www.in.com/videos/watchvideo-groland-llimination-des-vieux-5125231.html

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  3. j'ai hésité à mentionner l'émission oui. ça ne m'étonnes pas qu'ils y aient pensé.

    Dans le sens inverse, y a Battle Royale, si tu connais.

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  4. Salut tous les deux,

    Le film dont parle l'enfoiré c'est Soylent green (Soleil Vert), où on fait la promotion de l'euthanasie.

    Ceci dit, quand tu dis (Lachesis) que tu n'as jamais vu de fusillade dans une maison de retraite, attends un peu. On nous casse tellement les pieds avec les charges insoutenables qui grèvent les forces des entreprises, qu'un jour, quelqu'un va bien réaliser qu'une part de ces charges, ça sert entre autres à soigner les vieux, qui vivent de plus en plus longtemps et qui coûtent de plus en plus cher.

    Quand on voit comment on essaie de culpabiliser les chômeurs, on se dit que ça ne va pas tarder pour les vieux, j'imagine déjà les pubs sur TF1 : pensez à vos petits-enfants, arrêtez de vous soigner ! Partez maintenant, vos enfants vivront mieux, etc.

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  5. Frédéric,
    Merci pour le rappel du titre.
    Nous étions dans les années 70.
    Le babyboom, on en était encore loin.
    Je viens de lire qu'il y en a eu un mini en 2009:
    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-11/un-mini-baby-boom-en-2009-763696.php

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  6. Et si tout cela avait commencé à partir d'Islande?
    A Lanzarote, l'éruption de Timanfaya, le 1er septembre 1730, entre les neuf heures et les dix heures du soir, la terre s'ouvrit à Timanfaya, .. et pendant six ans la lave s'étendit au sud, couvrant un quart de l'île et recouvrant les plaines alentour de cendres volcaniques.

    Je crois que nous ne nous rendons pas compte de ce qui pourrait arriver par la nature.

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